J’ai eu le plaisir de faire partie de la délégation qui a accompagné le Président de la République en Grèce les 22 et 23 octobre.

Ce voyage a d’abord été l’occasion de célébrer l’amitié profonde et ancienne qui unit nos deux pays. François Hollande l’a rappelé dans son discours lors du dîner officiel offert par le Président de la République hellénique Prokopios Pavlopoulos, lui-même grand francophone et francophile : « je suis fier que mon pays ait toujours répondu présent lorsque cela était nécessaire, depuis Chateaubriand et Delacroix qui ont su, avec Lord Byron, réveiller les consciences et créer un profond élan de sympathie en faveur de votre peuple. » C’est dans les périodes les plus sombres qu’on apprécie l’authenticité d’une amitié. Aussi, l’amitié franco-grecque prend une signification particulière en ces temps difficiles, alors que le peuple grec fait face, depuis six ans, à une crise économique, sociale et même morale sans précédent.

Dans ces circonstances, cette visite visait aussi à renouveler appui et confiance au gouvernement grec, tout récemment réélu. Force est en effet de constater, après un certain scepticisme dans les chancelleries européennes, qu’Alexis Tsipras a su faire preuve jusqu’à présent d’un certain pragmatisme et aboutir des compromis difficiles et courageux pour maintenir la Grèce au sein de la zone euro tout en essayant de desserrer l’étau insupportable d’une austérité qui paraissait sans fin. Il appartient maintenant à l’Europe de tenir ses engagements et au gouvernement grec les siens. J’espère que grâce à cette confiance retrouvée la Grèce parviendra enfin à sortir de ce marasme.

Le peuple grec en a les ressources. Son histoire le montre : c’est un grand peuple, qui connaît le prix de l’indépendance, de la paix et de la liberté comme est venue le rappeler la cérémonie émouvante de dépôt de gerbe sur la Tombe du Soldat inconnu, place de la Constitution à Athènes …

Tout au long de ce voyage, la délégation a été touchée par l’accueil chaleureux réservé par le peuple grec. Au-delà de nos divergences politiques, en tant qu’européen convaincu, je partage sans réserve ces paroles prononcées par le Président de la République devant la communauté française, dans le cadre magnifique de l’École française d’Athènes : « il n’est pas possible d’imaginer la zone Euro sans la Grèce, l’Europe sans la Grèce ».

L’Europe, naturellement, dont la Grèce a commencé à poser les fondements spirituelles il y a plus de vingt-siècles, mais la Francophonie aussi ! La cérémonie de remise du titre de Docteur honoris cause au Président de la République à l’Université d’Athènes, fût ainsi une nouvelle opportunité, dans le cadre sublime de cette institution d’excellence, de constater combien le peuple grec contribue à faire vivre notre patrimoine culturel et linguistique.

Mais par-delà le symbole, cette visite fût aussi l’occasion d’aborder des dossiers de fond, intéressants toute l’Union européenne, tout particulièrement la crise des migrants, où la Grèce est en première ligne, et l’épineuse question chypriote, qui continue de peser sur les relations avec la Turquie.

Plusieurs accords sont venus sceller une coopération renforcée entre nos deux pays. Plusieurs ministres de premier plan faisaient partie de la délégation, en particulier Michel Sapin, Ministre des Finances et des Comptes publics, Najat Vallaud-Belkacem, Ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Fleur Pellerin, Ministre de la Culture et Harlem Désir, secrétaire d’État chargé des Affaires européennes.

Par ailleurs, sur le plan culturel, la France a décidé d’amplifier la coopération, accroître substantiellement le nombre de bourses étudiantes avec la promesse du Président de la République que la France devienne le premier pays d’accueil d’étudiants grecs, développer l’appui dans la lutte contre l’évasion fiscale ou encore partager le savoir-faire français en matière de gestion des fonds structurels européens.

A titre plus personnel, ce fût un immense plaisir – au-delà de connaître Athènes sous la pluie ! – de retrouver la communauté française et de mieux faire la connaissance du nouvel ambassadeur, Christophe Chantepy, qui, avec la visite présidentielle très réussie, prend ses fonctions avec éclat. J’ai aussi été heureux de revoir Christophe Le Rigoleur, Consul général, qui accomplit un travail remarquable à Thessalonique. Je tiens aussi à féliciter et remercier l’ensemble des personnels de l’Ambassade de France en Grèce, qui ont été les rouages indispensables de cette visite parfaitement organisée.

Enfin, ce fût une grande joie de faire ce voyage aux côtés de celui qui fût mon mentor en politique, mon ami Jean-Louis Borloo, venu présenter sa Fondation Energie Afrique, qui vise l’objectif prométhéen d’apporter électricité et lumière à toute l’Afrique à l’horizon 2025.

Hélas, cette célébration de l’amitié franco-grecque fût endeuillée par le terrible drame de Puisseguin, qui a coûté la vie à 43 de nos compatriotes en Gironde. Je tiens à redire que la Nation tout entière se tient aux côtés des familles et, aussi, combien la délégation a été sensible aux témoignages de solidarité fraternelle des officiels grecs.

Dans l’attente de mon prochain voyage en Grèce, je reste, mes chers compatriotes, à votre entière disposition et me tiens à vos côtés en cette période cruciale pour la Grèce.

Meyerhabib