Trois ans après le drame de l’école Ozar Hatorah de Toulouse, je participerai cet après-midi à 15h30, à l’invitation de mon ami François Pupponi, Député-Maire de Sarcelles, à la cérémonie organisée en hommage aux victimes, sur la Place Sandler et Monsonégo.

Cette cérémonie réunira les familles des victimes, dont je suis resté très proche, les représentants de l’Etat, les élus de la République, les représentants cultuels et culturels de la communauté juive de France et du Val d’Oise. Les discours d’hommage et une réception seront donnés ensuite à partir de 16h à l’école Ozar Hatorah de Sarcelles.

Ci-après, mon discours en mémoire des victimes

Chère famille Sandler , chère famille Monsonego,

Monsieur le Député-Maire,

Monsieur l’Ambassadeur,

Monsieur le Sous-Préfet,

Mesdames et Messieurs les Conseillers,

Monsieur le Président du Consistoire,

Monsieur le Grand Rabbin, Messieurs les rabbins,

Chers amis,

Je me souviendrai toujours de ce 21 mars 2012 où, aux côtés des familles meurtries, nous accompagnions les corps de Jonathan, Gabriel et Aryeh Sandler et Myriam Monsonégo, les victimes de l’école Ozar Hatorah de Toulouse, vers leur dernière demeure à Jérusalem, en Israël. Je l’ai dit à l’Assemblée, en décembre dernier, lors d’une allocution sur le terrorisme : ce jour fût l’un des plus éprouvants de ma vie.  J’ai été marqué à jamais par la souffrance qui régnait et qui déchirait les familles. J’ai surtout été ébloui par la dignité et la grandeur d’âme qui se dégageaient de ces visages magnifiquement humains. Ma relation avec les familles ne s’est jamais rompue depuis et je resterai à leurs côtés.

C’est précisément pour combattre cette barbarie, pour lutter contre ce mal absolu, aveugle qui a arraché à la vie ce père, ses enfants, cette petite fille si courageuse, que j’ai voulu m’engager en politique. Pour servir l’intérêt général et faire de la France, pour tous ces citoyens, ses citoyens juifs comme pour l’ensemble des Français, un pays meilleur, plus sûr et plus juste.  En un mot, pour que de tels actes de puissent plus jamais se reproduire. Hélas, les événements récents – et en particulier la tuerie de l’Hypercasher de la Porte de Vincennes – démontrent que cette tâche est inachevée et que nous devons, tous ensemble, la poursuivre inlassablement et avec force : détruire la menace djihadiste, en France, en Europe, dans le monde.

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Je pense qu’il est essentiel, en ce jour de commémoration, d’associer aussi le souvenir douloureux des trois militaires – Imad Ibn Ziaten, Abel Chennouf et Mohamed Legouad – lâchement assassinés à Toulouse et Montauban quelques jours avant la tuerie de l’école Ozar Hatorah. Ces trois jeunes hommes s’étaient engagés pour servir leur pays, être utiles à leurs concitoyens. Eux aussi doivent continuer d’habiter nos mémoires et je sais que leurs familles portent aussi un deuil que rien ne saura apaiser.

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Quelques mots encore avant de rendre la parole.

Jonathan Sandler était père, rabbin et professeur, Gabriel et Aryeh Sandler, respectivement 3 ans, et 6 ans ainsi que Myriam Monsonégo, 8 ans étaient élèves. Le 19 mars 2012, il y a 3 ans, on a tué, à l’école Ozar Hatorah de Toulouse, un père et ses enfants, un maître et ses élèves.

C’est cela aussi que nous devons retenir. Cet homme et ces enfants, Sandler et Monsonégo, étaient des personnes simples et bonnes, profondément humaines.

Ils sont morts parce qu’ils étaient juifs. Et c’est à Jérusalem, en Israël, cette terre si chère aux Juifs du monde entier, cet îlot de démocratie dans un océan de tyrannie, qu’ils reposent aujourd’hui. A cet égard, je tenais ici, à transmettre aux familles le message de soutien chaleureux de Benyamin Netanyahu, Premier ministre d’Israël, avec qui j’étais jusqu’à hier à Jérusalem pour les élections.

Mais le souvenir douloureux de ce crime odieux ne doit surtout pas occulter le plus important : ce qui en fait des héros, c’est qu’ils ont vécu comme juifs et ont incarné jusqu’au dernier souffle ce qui fait l’essence du judaïsme et son grand apport à la civilisation.

Sandler et Monsonégo, un père et ses enfants, un maître et ses élèves : éduquer, enseigner, transmettre, accompagner, la famille et l’école : lieux d’échange, d’écoute, d’élévation et de construction morale, spirituelle, intellectuelle. Mais aussi, et surtout : l’école est le lieu symbolique où se retrouvent l’éthique républicaine et l’éthique juive.

Face à ces forces de mort, les noms de Sandler et Monsonégo doivent continuer à rayonner en cette place de la ville de Sarcelles, qu’on appelle parfois la petite Jérusalem.  Mais plus encore, c’est dans nos cœurs que leur souvenir doit demeurer comme une inépuisable source de vie, de lumière et de joie.  Cela, aucune barbarie, aucune folie jamais ne pourra le détruire. Et c’est cela que les noms de Sandler et Monsonégo doivent nous évoquer pour l’éternité.

Vive la République ! Et vive la France !

 

Meyerhabib