Il y a 15 jours, je m’inquiétais de cet incident extrêmement grave, rendu public par le quotidien israélien « Yediyot aharonot ».

Vous avez été près de 100.000 à lire mon post, des centaines à commenter l’affaire et exprimer votre émotion, que je partage.

Compte tenu de la gravité des faits, il était essentiel de tenter de les reconstituer avec exactitude, sans les minorer ni les exagérer.

L’article susmentionné rapporte que le 21 février, les services de l’immigration israéliens ont décidé de reconduire à la frontière un Français fraîchement débarqué à Ben-Gurion, dont le profil n’offrait pas toutes les garanties de sécurité.

Dans un premier temps, le commandant de bord du vol Transavia, Michaël P., a refusé de rapatrier le passager à Paris.

A l’issue de pourparlers tendus avec les services de l’immigration, le pilote a finalement été contraint, conformément au droit international aérien, d’accepter le passager à bord. Toutefois, il est avéré qu’il a refusé de serrer la main d’un agent israélien, déclarant, selon plusieurs témoignages concordants : « non, pas à un Juif ».

Immédiatement, j’ai pris l’attache de Nathalie Stubler, PDG de Transavia France, qui m’a assuré qu’une enquête serait diligentée dans les plus brefs délais, ce qu’elle a fait.

Depuis, je l’ai relancée à plusieurs reprises. Hier après-midi, j’ai décidé de rompre le silence, n’obtenant que des réponses vagues et sibyllines (« ça prend du temps », « c’est compliqué » …), qui me laissent l’impression désagréable que la compagnie tente de minimiser voire d’étouffer l’incident.

A l’heure où la France est en proie à une vague antisémite d’une virulence rare, que la parole judéophobe se libère, il est indispensable de faire éclater la vérité.

C’est pourquoi j’ai décidé de mener ma propre enquête.

Ainsi, hier je me suis longuement entretenu avec le journaliste auteur de l’article, la porte-parole des services de l’immigration et le directeur général de l’Immigration au ministère de l’intérieur israélien, qui a convoqué en « conference call » les agents de l’immigration présents lors de l’incident.

Tout citoyen a droit à la présomption d’innocence mais ces échanges ont permis de faire ressortir des faits précis et factuels :
– Le pilote a refusé de serrer la main, ce qui a été confirmé par la PDG de Transvia France ;
– Transavia a fait parvenir une lettre d’excuses aux services israéliens de l’immigration, détail que la PDG de la compagnie a omis de me préciser…
– J’ai personnellement entendu les protagonistes confirmer leur témoignage initial et répéter que le commandant de bord avait déclaré « non, pas à un Juif », ce qui n’a été ni confirmé ni démenti par la compagnie française, que j’ai interrogée de manière spécifique sur ce point…

Ces derniers jours, j’ai été contacté par des associations qui souhaitent se constituer partie civile et saisir la justice.

Si le pilote a prononcé ces paroles, il doit être sanctionné. Selon la loi, il encourt jusqu’à un an de prison et 45.000€ d’amende pour injure publique à caractère antisémite. S’il est innocent, les affabulateurs devront en répondre.

Au cours des dernières années, trop d’actes antisémites ont été étouffés pour « ne pas faire de vague ». On voit hélas le résultat aujourd’hui…