Monsieur le Premier ministre,
Oui, le 16 avril dernier, la France s’est déshonorée en votant de façon honteuse et immorale pour une résolution qui nie le lien historique entre le peuple juif et ses sites les plus sacrés à Jérusalem.
Je n’ai pas été convaincu par la réponse, hier, du ministre des affaires étrangères.
Après avoir décrété la Tombe de Rachel et le Caveau des Patriarches patrimoine islamique, l’UNESCO pousse le délire jusqu’à baptiser le Mur des Lamentations « Al-Buraq », référence à Mahomet, et fait du Mont du Temple, lieu le plus sacré du judaïsme depuis 4 000 ans, un site exclusivement musulman !
Comment la France, pays des Lumières, peut-elle s’associer à pareille falsification de l’Histoire !
Comment la patrie des droits de l’homme peut-elle se fourvoyer dans une entreprise négationniste, dont le seul objet est de délégitimer Israël ?
Depuis 2000 ans, même dans ses périodes les plus sombres, des massacres des Croisés aux bûchers de l’Inquisition, des pogroms cosaques à la tragédie de la Shoah, les juifs ont inlassablement répété l’an prochain à Jérusalem ?
« BESHANA HABA’A BE YERUSHALAIM »
En 1811 déjà, dans Itinéraire de Paris à Jérusalem, Chateaubriand écrivait:
« le peuple juif a assisté 17 fois à la ruine de Jérusalem, et rien ne peut le décourager; rien ne peut l’empêcher de tourner ses regards vers Sion. »
Cette résolution est une insulte à l’histoire judéo-chrétienne !
Le Temple de Jérusalem n’est-il pas au cœur des évangiles ?
Les marchands du temple vont-ils se transformer en marchands des mosquées ?
Ouvrez les yeux : islamiser Jérusalem, c’est le but ultime des djihadistes. Et nous leur prêtons main forte.
Les mêmes qui ont saccagé Palmyre, rasé Nimrud, détruit le monastère Saint-Elie et anéantissent les Chrétiens d’Orient dans leur berceau historique!
Et notre pays est bien seul à se vautrer dans cette mascarade!
Quelle déception !
Monsieur le Premier ministre,
Par ce vote, nous avons choisi notre camp : celui du mensonge (et de l’obscurantisme) !
Juge et parti, complètement isolé, quel crédit à notre initiative diplomatique ?
J’ai écrit au Président de la République. J’attends sa réponse.
A la veille de votre visite dans la région, comment comptez-vous réparer les dégâts?

 

Réponse du Ministre :

Monsieur le député Meyer Habib, vous venez de le rappeler, la France a voté le 16 avril dernier, une résolution lors du conseil exécutif de l’UNESCO, et cette résolution traitait de la situation de Jérusalem.

Le vote de cette résolution a suscité en Israël et en France des interrogations voire des inquiétudes, et vous venez de les exprimer avec émotion et passion.

Jean Marc Ayrault ministre des Affaires étrangères a répondu hier sur ces banc à une question posée par Claude Goasguen, qui avait rappelé quelle était la réalité de Jérusalem.

Je veux le redire devant vous avec force, avec conviction, la France en aucun cas bien-sûr, hier aujourd’hui ou demain ne niera la présence et l’histoire juive à Jérusalem. Cela n’aurait aucun sens.

C’est absurde de nier cette histoire.

Il y a dans le texte de cette résolution de l’UNESCO, des formulations malheureuses, maladroites, qui heurtent, et qui auraient du être incontestablement évitées – comme ce vote.

Soyez en convaincu.

Cependant cette résolution ne change rien dans la politique de la France.

Jean Marc Ayrault sera dans 48 heures en Israël et dans les territoires palestiniens et moi-même j’y serai dans une dizaine de jours.

Et puis, disons encore plus clairement les choses. Notre position sur la question de Jérusalem est claire, et doit être claire et ne varie pas. C’est la défense de la liberté de culte à Jérusalem, ville symbole des trois grandes religions monothéistes. Ville qui appartient à tous les croyants, qu’ils soient juifs, chrétiens ou musulmans.

Que ce soit la mosquée al Aqua, le Mur du Temple, le Saint Sépulcre, ce sont des symboles qui doivent rayonner partout dans le monde et qui doivent être – et c’est bien là le défi – synonyme de paix, et chaque mot chaque phrase, chaque rappel historique doivent être utilisés avec toutes les précautions et toute la prudence qui s’imposent.

Et puis vous le rappeliez, notre politique c’est de sortir de la situation de blocage du processus de paix, car l’absence de perspective de paix entre Israéliens et Palestiniens ne fait qu’alimenter la violence, à Jérusalem comme ailleurs.

Et vous le savez, c’est pour sortir de cette impasse dangereuse que la France a pris l’initiative de relancer le processus de paix