Comme beaucoup d’entre vous, je tenais à exprimer mon incompréhension et ma déception suite à la décision de Mme Anne Hidalgo, Maire de Paris, de décerner à M. Mahmoud Abbas, Président de l’Autorité palestinienne, la médaille du Grand Vermeille, décoration la plus prestigieuse de la Ville de Paris, à l’occasion de la Journée internationale de la paix, le 21 septembre 2015.

En effet, Mahmoud Abbas, actuellement décrié dans son propre camp pour son inefficacité, voire sa corruption, est loin d’être un homme de paix !

Faut-il rappeler que l’Autorité palestinienne a constitué pendant un an, entre juin 2014 et juin 2015, un gouvernement d’union nationale avec le Hamas, mouvement terroriste djihadiste qui appelle, dans sa charte, à la destruction d’Israël ?

Faut-il aussi rappeler, il y a quelques jours à peine, qu’après les violences provoquées sur le Mont du Temple, le jour même de Rosh Hashana, le Nouvel an juif, M. Abbas a déclaré ’“qu’aucun des lieux saints de Jérusalem appartient à Israël. » Pire, le Président de l’Autorité palestinienne a tenu des propos outrancièrement antisémites et d’incitation à la haine : « « Ils sont tous à nous et nous ne les laisserons pas les profaner avec leurs pieds sales, » désignant clairement les Juifs.

Adepte du double langage, M. Abbas reste fidèle à son engagement terroriste quand il s’adresse à la rue palestinienne et va même jusqu’à faire sienne la rhétorique djihadiste en encourageant les fidèles musulmans à harceler les visiteurs juifs au Mont du Temple par ces propos de haine : « chaque goutte de sang qui a été répandu à Jérusalem est pure tant qu’elle est pour l’amour d’Allah. Chaque ‘shahid’ (martyr) sera dans le ciel et chaque personne blessée sera récompensée, par la volonté d’Allah ».

En somme, le Président de l’AP persévère dans les mêmes thèses négationnistes qu’il professe depuis près de 40 ans, lui qui citait dans sa thèse de 1984 le négationniste français Robert Faurisson !
Et c’est à cet homme-là qu’on a remis la Médaille du Grand Vermeille lors de la célébration de la Journée internationale de la Paix à l’Hôtel de Ville de Paris !

Je le réaffirmais le 3 septembre dernier au Consulat général de France à Jérusalem : Jérusalem unifiée est et restera la capitale historique et indivisible du peuple juif et d’Israël. Depuis trois mille ans, les yeux et les cœurs du peuple juif sont posés sur Jérusalem. Ville sainte des trois monothéismes, c’est pour le peuple juif que Jérusalem occupe une place véritablement centrale, voire existentielle. Nier ce lien organique entre Jérusalem et le peuple juif n’est pas seulement une falsification de l’histoire mais exprime une conception du monde profondément antisémite, incompatible avec une quelconque aspiration à la paix et, plus encore, avec les valeurs de la République.

J’ajoute enfin, sur la forme, que l’invitation était adressée au « Président de la Palestine » – et non de « l’Autorité palestinienne » – alors que la République française, à l’instar de la plupart des grands pays occidentaux, n’a, à ce jour, et en dépit de la résolution socialiste votée à l’Assemblée nationale en décembre 2014, pas reconnu l’État palestinien. Celui-ci ne pourra voir le jour que dans le cadre d’un accord de paix global et définitif. Une reconnaissance unilatérale ne peut qu’encourager les dirigeants palestiniens à adopter une attitude jusqu’au-boutiste et démagogique, qui ne permettra en aucun cas d’aboutir à un accord de paix.

C’est pourquoi, j’écrirai dans les jours à venir à la Maire de Paris, qui, par-delà nos divergences politiques, a montré qu’elle était une amie de la communauté juive, pour tenter de comprendre le sens de cette démarche.

Meyerhabib