Hier, 9 mois après le meurtre de Sarah Halimi z’’l, la juge d’instruction n’a pas donné suite à une demande des parties civiles pour retenir le caractère antisémite.

Député de la République, il ne m’appartient pas de commenter ou de critiquer une décision de justice.

L’homme, le citoyen et le Français juif ne peut en revanche que s’interroger avec inquiétude.

Le 26 juillet dernier, devant un hémicycle plein et dans un silence solennel, j’avais interpellé le gouvernement sur ce scandale d’État.

J’ai rappelé le déroulement effroyable de cet assassinat, qui revêt indubitablement le caractère antisémite.

J’ai dénoncé l’omerta qui a entouré l’affaire pendant plus de 2 mois !

Je l’ai dit sans ambages : l’affaire Sarah Halimi, c’est l’histoire du déni politico-médiatique face à l’antisémitisme arabo-musulman !

La justice est indépendante mais elle se tromperait gravement en ne retenant pas le caractère antisémite ! Cette autocensure serait une terrible erreur judiciaire…

Début juillet, l’expert psychiatre a remis ses conclusions : selon, le Dr Zagury, le meurtre serait un « acte délirant et antisémite ». En septembre, le parquet a demandé la requalification antisémite.

Comment en douter ?

L’assassin a frappé, torturé pendant 40 minutes aux cris d’Allah Wakbar, en récitant des sourates du Coran.

Sa voisine depuis plus de 20 ans, Sarah était juive orthodoxe, l’assassin la traitait de sale juive.

Je pose à nouveau la question : si Sarah Halimi n’avait pas été juive, aurait-elle été ainsi assassinée ? Hélas, je ne le crois pas.

Reste aujourd’hui la demande de requalification du Parquet de Paris, à laquelle la juge d’instruction n’a pas encore répondu, 4 mois après. A tout moment, elle peut reformuler la mise en examen. Comme beaucoup d’entre vous, je l’espère.

Car ces atermoiements soulèvent de vraies questions sur la capacité de notre République à répondre à cet antisémitisme « des quartiers ».

Surtout, je pense à la famille, que j’accompagne depuis le lendemain du drame, et qui ne pourra faire son deuil qu’une fois la vérité dite et la justice faite.

Jusqu’au bout, je poursuivrai mon combat à ses côtés.