Les plus anciens s’en souviennent, le 9 août 1982, il y a 35 ans, un commando de terroristes palestiniens fait irruption dans le restaurant du regretté Jo Goldenberg, institution de la « Yiddishkeit » rue des rosiers à Paris, et mitraille clients et employés.

Revendiqué par le Fatah de Mahmoud Abbas, cet attentat antisémite fait 6 morts et 22 blessés.

En 2015, la détermination et la sagacité du remarquable juge antiterroriste Marc Trevidic ont permis de localiser les auteurs et émettre des mandats d’arrêts internationaux contre les quatre terroristes.

A ce jour, aussi Incroyable que cela puisse sembler, ces derniers coulent des jours paisibles au vu et au su de tous. Deux vivent en Jordanie, un dans les Territoires palestiniens, le dernier en Norvège.

La justice jordanienne rejette la demande d’extradition de ses deux ressortissants d’origine palestinienne, Souhair Mouhamed Hassan Khalid al-Abassi, alias «Amjad Atta», présenté comme le cerveau de cette attaque, et Nizar Tawfiq Mussa Hamada, membre présumé du commando. La justice française recherche aussi Mahmoud Khader Abed Adra, alias «Hicham Harb» qui vit aujourd’hui à côté de Ramallah avec la bénédiction de l’Autorité palestinienne et Walid Abdulrahman Abou Zayed, alias «Souhail Othman» qui vit en Norvège, où il a été naturalisé.

Face à cette totale absence de coopération, dès le 26 juillet 2016, j’ai interpellé le Ministre des Affaires étrangères par une question écrite, restée sans réponse deux ans après…

http://questions.assemblee-nationale.fr/q14/14-98113QE.htm

Le 17 mars 2017, j’ai écrit au Président François Hollande pour qu’il demande directement à Mahmoud Abbas l’extradition du terroriste Hicham HARB. Sans réponse là encore.

Le 7 mars dernier, enfin, le Président de la République Emmanuel Macron a évoqué le dossier lors du 33e dîner annuel du CRIF, en réponse à son président, je cite :
“Vous avez aussi évoqué l’attentat de la rue des Rosiers, dont trente-cinq ans après, la douleur est encore très vivement ressentie par les familles, par les Juifs de France, et par la communauté nationale. Je veux ici vous l’assurer, après tout ce temps passé, cette enquête particulièrement ardue n’a pas abouti à la condamnation des auteurs, et c’est une blessure, pour autant la justice n’a jamais baissé les bras et n’a jamais refermé le dossier […] Je veux ici vous dire que tout sera mis en œuvre pour que cette enquête se poursuive et aille à son terme”

C’est dans ce contexte que nous avons été reçus à l’Elysée vendredi 1er juin avec M. Yohann Taïeb, un des premiers à s’être mobilisé sur ce dossier et porte-parole de Mme Jacqueline Niego, sœur d’une des victimes, qui a hélas été empêché de nous accompagner pour raisons de santé. Gravement malade, elle souhaite que justice soit faite de son vivant.

Cet état de fait est une injure à la mémoire des victimes, de toutes les victimes du terrorisme.

J’ai rappelé à l’Elysée la doctrine israélienne qui repose sur un principe simple : jamais un attentat ne reste impuni, jamais une agression ne reste sans réponse. Même trente-cinq ans après ! C’est une question de morale.

Nous avons tous en mémoire qu’aucun des responsables de l’attentat des JO de Munich en 1972 n’a été épargné par le Mossad, qui leur a fait payer le prix, parfois trente ans après.

Les barbares qui massacrent des civils innocents et détruisent des vies doivent payer le prix fort. Ne rien faire est immoral.

Un haut conseiller diplomatique nous a assuré que l’Elysée aurait donné consigne à nos ambassades d’intensifier les démarches auprès des autorités locales et que la du Présidence de la République allait maintenir la pression sur un Quai d’Orsay, qui n’a pas fait grand-chose jusqu’à présent pour faire aboutir ces mandats d’arrêts internationaux…

La France doit tout mettre en œuvre pour que les auteurs soient jugés et punis. Seuls les résultats compteront.

J’ai évoqué ce dossier en tête-à-tête avec Benyamin Netanyahu, la semaine dernière à Paris. Le Premier ministre israélien s’est dit disposé à collaborer si la France en faisait la demande.

J’écrirai prochainement au Président de la République et j’envisage d’interpeller le Ministre des Affaires étrangères par une question orale devant la Représentation nationale.