C’est avec beaucoup d’émotion que j’ai appris le décès hier du Commandant Michel Bacos, qui s’est éteint à Nice à l’âge de 95 ans. Je voudrais avoir une pensée pour sa famille, son épouse Rosemary et ses trois fils, dont il était très fier.

Le 27 juin 1976, Michel Bacos était le commandant de bord du vol Air France 139 reliant Tel-Aviv à Paris avec escale en Grèce. Au décollage d’Athènes, 246 passagers sont à bord dont 4 terroristes : 2 palestiniens du FPLP et 2 allemands d’extrême-gauche de la Bande à Baader, qui détournent l’avion vers Entebbe en Ouganda et prennent les passagers en otage.

A l’arrivée, les terroristes divisent les passagers en deux groupes : ils libèrent 147 passagers non-juifs et gardent les Juifs en otage, qu’ils soient de nationalité israélienne ou pas.

Michel Bacos et l’équipage d’Air France refusent d’être libérés et restent solidaires des otages car, dit-il : « c’était notre devoir de rester avec nos passagers ».

Dans la nuit du 3 au 4 juillet 1976, un commando d’élite de Tsahal – la Sayeret Matkal – lance l’assaut, liquide les terroristes, prend le contrôle de l’aéroport et libère les otages. A sa tête, Yonathan Netanyahu, frère aîné de Benyamin, qui mourra en héros sur le tarmac. Des années plus tard, quand on a demandé au commandant Bacos comment il avait immédiatement su que c’était les Israéliens, il a sobrement répondu : « qui d’autre ? »

Les otages libérés et le commando décollent pour le Kenya puis Israël, où les attend une foule en délire. Le premier ministre Yitzhak Rabin et le ministre de la Défense Shimon Peres félicitent Michel Bacos et l’équipage d’Air France pour leur courage.

De retour en France, le commandant Bacos ne prend que 15 jours de repos et demande que son premier vol soit pour Tel-Aviv.

Par sa bravoure et son sens moral, le commandant Bacos a fait honneur à Air France et, plus généralement, honneur à la France. Quel contraste avec ce pilote de Transavia qui refuse de serrer la main à un agent israélien en déclarant « non, pas à un juif »…

J’ai eu la chance de connaître Michel Bacos. En 2003, il était invité d’honneur des « 12 heures pour l’amitié France Israël », événement que j’ai organisé en tant que vice-président du CRIF et qui a connu un immense succès avec près de 50.000 participants. J’avais présenté à cette occasion le Commandant Bacos à Benyamin Netanyahu, que le souvenir de son frère Yonathan ne quitte jamais. Je n’oublierai jamais la poignée de main entre le Premier ministre israélien et l’autre grand héros d’Entebbe.

Qu’il repose en paix.