Dans le cadre de l’examen de la proposition de loi visant à prévenir les violences lors des manifestations et à sanctionner leurs auteurs, j’ai défendu ce matin en séance publique un amendement « anti-quenelle ».

La quenelle, ce geste, en forme de salut nazi inversé popularisé par Dieudonné, est aujourd’hui le signe de ralliement de tous les antisémites.

En public, notamment dans le cadre de manifestations, il faut l’interdire.

J’ai rappelé ces clichés nauséabonds publiés sur Internet montrant des individus arborant des « quenelles » devant des lieux de mémoire comme le Mémorial de la Shoah, le camp d’extermination d’Auschwitz ou la maison d’Anne Franck.

Il y a 5 ans, déjà, je proposais avec Jean-Louis Borloo d’interdire ces formes d’incitation à la haine. Le texte n’a jamais été examiné en séance.

Le Ministre et la rapporteur ont reconnu que la quenelle posait de vraies questions en matière de lutte contre l’incitation à la haine.

A l’issue d’un long développement, Christophe Castaner m’a invité à retirer mon amendement et que « l’on voie comment on peut avoir une affirmation politique forte ».

J’ai refusé : c’est dans la loi qu’il faut inscrire cette condamnation.

Qu’il s’agisse d’un geste ou d’une parole, l’antisémitisme n’est pas une opinion ou de l’humour mais un délit.

Malgré l’appui de quelques députés, l’amendement a été rejeté – comme toute proposition émanant de l’opposition – dans un hémicycle quasi-désert.

Le gouvernement a laissé passer une belle occasion de combler une brèche dans notre législation.

Une fois de plus, je constate le fossé persistant entre les mots et les actes. Face aux antisémites, les paroles ne suffisent pas, il faut identifier, condamner et punir.

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