Dans un geste symbolique, le Président de la République s’est adressé hier directement à l’Assemblée des Français de l’étranger réunie à Paris. Une première depuis la création de cette institution en 2004.

Emmanuel Macron a exprimé le souhait d’associer pleinement tous les Français, y compris les Français de l’étranger, à son projet de modernisation et de redressement de la France.

Ces paroles m’ont rassuré après le discours du 3 juillet devant le Congrès réuni à Versailles, dans lequel pas un mot n’avait été adressé à nos compatriotes établis hors de France.

Toutefois, force est de constater que rien de concret n’a été présenté sur deux sujets fondamentaux : les prélèvements CSG/CRDS sur les revenus du patrimoine et le financement du tissu associatif français à l’étranger.

Le Président de la République a tracé les grandes lignes de sa politique en direction des Français de l’étranger.

***

Le Chef de l’Etat s’est engagé à préserver les crédits de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger et à promouvoir des solutions innovantes, notamment par le développement de cours en ligne (MOOC).

Il a plaidé pour une « politique de conquête éducative » au service du modèle français et de la francophonie.

A cet égard, je lui écrirai prochainement pour demander de mettre fin au scandale qu’Israël soit mis au ban de l’Organisation internationale de la francophonie à cause du véto persistant du Liban. Cette situation invraisemblable ne peut plus durer.

Pour rayonner, la francophonie doit commencer par arrêter de boycotter les quelques 800 000 francophones qui résident en Israël !

***

Emmanuel Macron a promis de relancer « la modernisation du service public consulaire […] dès les prochaines semaines ».

Il a annoncé la création d’une mission parlementaire sur la simplification des démarches administratives à l’étranger, sur les questions de sécurité sociale et de fiscalité.

Hélas, sur un sujet qui m’est très cher et sur lequel je me bats depuis des années, les prélèvements CSG/CRDS sur les revenus du capital des Français de l’étranger, le Président de la République n’a pas apporté de réponse claire…

Je crains qu’à ce stade, ces impôts, totalement injustes et contraires au droit de l’Union européenne, et que François Fillon s’était engagé à supprimer, soient maintenus dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2018.

Si c’est le cas, je déposerai un amendement et mettrai le Gouvernement face à ses contradictions.

***

Le Président de la République s’est engagé à rétablir le vote électronique dès 2020 pour les élections consulaires ainsi que pour les législatives de 2022.

***

Il y a deux mois, j’étais bien seul à défendre la réserve parlementaire, vitale pour de nombreuses associations françaises à l’étranger.

Hélas, aucun des députés LREM des Français de l’étranger n’a soutenu mon amendement au projet de loi de confiance dans la vie politique. Hier, ils n’étaient d’ailleurs que 4 à s’être déplacés sur les 10 élus le 18 juin dernier dans la vague « Macron »…

Le Président de la République a reconnu que la réserve parlementaire était un élément important du financement des associations à l’étranger.

Ila promis la mise en place d’un dispositif d’accompagnement du tissu associatif avec le Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères.

Affaire à suivre. A ce stade, rien de concret.

Après ce discours positif et énergique, on attend des actes. Nous jugerons sur pièce.

***

J’ai eu ensuite le plaisir de m’entretenir en aparté avec le Président de la République, avec lequel j’entretiens depuis des années des relations personnelles chaleureuses et de confiance.

Nous avons échangé sur la situation au Proche-Orient, où il doit se rendre au printemps, sur la situation au Liban notamment.

Il m’a également transmis un message pour le Premier ministre israélien.