Début 2019, j’ai été alerté du régime juridique appliqué aux rentes versées par l’État allemand aux victimes du nazisme par la Casip-Cojasor, magnifique fondation dédiée à l’action sociale, qui accomplit un travail extraordinaire.

Comment comprendre qu’à ce jour, les indemnités aux victimes de la Shoah soient traitées comme des ressources ordinaires et ponctionnées à 90% au titre du financement de l’aide sociale aux personnes âgées ?

C’est moralement choquant et inacceptable d’un pays comme la France.

Il ne s’agit évidemment pas d’un sujet d’actualité ni d’une priorité nationale mais d’un sujet qui m’est cher. Il revêt une importance symbolique particulière à l’heure où prolifère à nouveau en France un antisémitisme virulent.

C’est pourquoi j’ai écrit le 15 avril dernier à la Ministre des Solidarités Agnès Buzyn pour qu’elle corrige cette anomalie.
5 mois plus tard, je n’ai aucune réponse ni même un accusé de réception, et ce, malgré les relances de mes collaborateurs auprès de son cabinet.

De la part de la fille d’Elie Buzyn, rescapé d’Auschwitz, j’aurais attendu un peu plus d’attention et même de compassion pour ces anciens déportés ou enfants de parents assassinés par la barbarie nazie, des hommes et des femmes souvent en situation de précarité et à la santé fragile.

Je ne peux m’empêcher d’avoir ici une pensée pour Simone Veil, son illustre prédécesseure, elle aussi rescapée de la Shoah.