Le 23 novembre, en dépit de l’ actualité sécuritaire, le Premier Ministre israélien s’est engagé clairement, auprès de responsables d’organisations et de médias israéliens francophones, sur un projet de loi voté le matin même en Conseil des Ministres, visant à lever les obstacles aux équivalences de diplômes français en Israël. Tout n’était pas réglé mais le processus était définitivement enclenché.

Le Premier Ministre était accompagné de la ministre de l’Alya et de l’Intégration Sofia Landver et du député français Meyer Habib. Ce dernier a introduit la séance en remerciant le Premier Ministre – ami personnel depuis plus de 22 ans – ainsi que la ministre Sofia Landver d’avoir bien voulu réserver un moment pour rencontrer des responsables du monde francophone israélien :

« Juste après avoir été élu député, j’ai demandé une audience auprès du Premier Ministre israélien et je lui ai fait part d’un sujet fondamental pour les Français souhaitant s’installer en Israël : l’équivalence des diplômes. Je lui ai expliqué que ces personnes, qu’elles soient ingénieurs, médecins, notaires ou architectes, avaient de grandes difficultés à pouvoir exercer leurs professions. Immédiatement, le Premier Ministre a pris ce dossier personnellement en main. Tout n’est pas résolu pour autant, mais lorsque le Premier Ministre de l’Etat d’Israël, avec la Ministre de l’Alyah et de l’Intégration et l’ensemble du gouvernement ont reconnu aujourd’hui que les Français étaient importants, c’est une chose particulièrement encourageante. »

« Il est important de préciser qu’il faut également de la réciprocité, et donc faire en sorte que les diplômes israéliens soient également reconnus en France », a déclaré le Député Meyer Habib lors de la séance au Bureau du Premier Ministre.

Le Premier Ministre Benyamin Netanyahou s’est adressé à l’assemblée et a déclaré :

« Israël est le foyer du peuple juif, l’Etat-nation du Peuple Juif. Nous voulons voir arriver ici un nombre considérable de Juifs du monde entier. Il s’agit évidemment d’une décision personnelle, cependant je pense qu’aujourd’hui lorsque nous voyons ce qui se passe dans le monde, on comprend qu’il existe un seul foyer national pour chaque Juif, où qu’il se trouve.

Je m’adresse particulièrement aux Juifs de France, communauté que je connais, estime, et apprécie. J’ai des amis français de longue date. Nous voyons en vous non seulement des frères et sœurs, mais notre propre chair. »

« Mais alors, poursuivait-il, pourquoi ne pas tout simplement vous faciliter le passage d’un pays à l’autre, notamment pour les détenteurs de diplômes qui peuvent apporter tant à l’Etat d’Israël qu’à son économie, sa société, sa sécurité ? »

Le Premier Ministre Benyamin Netanyahou a qualifié de « totalement absurde le fait qu’un excellent chirurgien dans le meilleur hôpital de Paris, un lieu où l’on exige les standards les plus élevés, ne puisse pas exercer en Israël ». Il a confirmé la décision du Conseil des ministre qui veut que, d’ici le 1er janvier 2015, les ministères concernés aient préparé un plan détaillé d’allègement des procédures et de suppression d’obstacles bureaucratiques.

Au sujet de la situation sécuritaire difficile, le Premier Ministre a dû répondre à une question délicate : « Comment rassurer les Juifs qui veulent quitter la France pour des raisons de sécurité et craignent aujourd’hui la situation en Israël ? » Benyamin Netanyahou a d’abord rappelé « que les Juifs qui vivent en Israël subissent le terrorisme depuis plus d’un siècle, avec des périodes de pic et des périodes d’accalmie ». Il a poursuivi en indiquant « que le gouvernement menait une lutte sans merci contre la violence terroriste par des moyens offensifs et défensifs » et a rappelé un certain nombre de mesures concrètes prises récemment, notamment la destruction de maisons de terroristes, la déchéance de citoyenneté ou du statut de « résident fixe » ainsi que l’augmentation notoire des effectifs des forces de l’ordre sur le terrain. Il a annoncé « qu’il y aurait encore de nouvelles mesures très sévères pour ceux qui jettent de pierres ou qui incitent à la violence ». Il a aussi rappelé « qu’Israël avait vaincu seul le Hamas durant cet été alors que pour Da’ech il faut une coalition entière pour tenter de le terrasser ».

Sur ce point Benyamin Netanyahou a tenu à rappeler une vérité historique : « Aucun dirigeant sioniste, même les pères fondateurs de l’Etat, n’a jamais assuré que la création d’un Etat ferait cesser les attaques contre les Juifs ; mais la différence était qu’il y aurait désormais une armée qui pourrait livrer une guerre sans merci pour nous défendre. C’est là toute la différence ! »

Autre question d’actualité brûlante : « Que tient à dire le Premier Ministre israélien aux députés français qui s’apprêtent à voter en faveur de la reconnaissance d’un Etat palestinien ? » Benyamin Netanyahou estime « qu’ils font une grossière erreur car ils reconnaissent un Etat palestinien alors qu’il n’y a pas de paix et alors que l’Autorité Palestinienne refuse catégoriquement de reconnaître Israël comme Etat du peuple juif ». Le Premier Ministre israélien a rappelé « que tous les territoires qui ont été cédés aux Arabes avaient été transformés en base terroriste contre Israël et en bastion avancé de l’Islam radical ». Le Premier Ministre s’est demandé « si c’était vraiment la seule chose qui importait actuellement aux députés français alors que tout le Moyen-Orient est à feu et à sang sous l’offensive de l’Islam radical, que les têtes tombent et que des terroristes européens s’apprêtent à retourner dans leurs pays d’origine pour y amener le Jihad. »

agence1948