Meyer Habib
Député de la 8ème circonscription des Français de l’étranger
Chypre – Grèce – Israël – Italie – Malte – Saint-Marin – Turquie – Vatican
Membre de la Commission des Affaires étrangères

Paris, le 10 septembre 2015

Communiqué de presse

Meyer Habib (UDI) : « La France est en guerre contre Daesh et cette guerre se gagnera au sol ou ne se gagnera pas »

Le 27 mai dernier déjà, dans une question orale au Premier ministre, je dressais ce constat sans appel : « La stratégie de lutte contre Daesh est un échec total. […]Une stratégie se juge aux résultats. A ce jour, ils sont catastrophiques ! Les frappes aériennes, ça ne suffit pas. On ne gagne pas une guerre par procuration. Cette guerre se gagnera au sol ou ne se gagnera pas, a minima par un appui terrestre à des alliés fiables […] »

Cela fait longtemps qu’on aurait dû agir pour tenter d’anéantir la menace djihadiste sans attendre l’actuelle crise des réfugiés. L’émotion, évidemment légitime, et la gestion de l’urgence ne peuvent faire office de politique. L’immense majorité des experts militaires dénonce l’insuffisance des seules frappes aériennes contre l’EI en Iraq et en Syrie. Quand on exclue, d’office et a priori, toute intervention au sol, on l’invalide totalement ! En s’alignant de fait sur la position américaine notre pays a adopté la non-stratégie d’Obama au Moyen-Orient, celle qui maintient les tyrans, fait prospérer le djihadisme, sert l’impérialisme iranien et expose, in fine, les minorités chrétienne et yézidie aux pires exactions.

On ne s’attaque pas à la cause racine : Daesh, bien sûr, mais aussi l’oppression sanglante du régime Al-Assad et l’impérialisme chiite de la République islamique d’Iran, qui ont engendré le monstre qu’est Daesh. Bien au contraire ! Après s’être incliné en 2013 suite à la reculade d’Obama, qui avait refusé de frapper l’armée d’Assad après le franchissement de la ligne rouge et l’usage d’armes chimiques contre des populations civiles, ce renoncement d’intervenir au sol aura pour seul effet de perpétuer le statu quo. Après l’accord nucléaire avec l’Iran, qui lui ouvre, s’il en respecte les termes, accès à la bombe à un horizon de dix ans maximum, cette option stratégique viendra renforcer encore la République islamique. Une fois encore, les peuples de Syrie, d’Iraq, du Liban et les Chrétiens d’Orient seront les grands perdants.

En faisant le jeu de l’Iran et de son impérialisme chiite, comment espérer associer efficacement les pays modérés sunnites de la région à la lutte contre le djihadisme ? Pire, cette stratégie d’alliance indirecte avec l’Iran donne l’impression que les puissances occidentales sont aveugles face à la menace iranienne et affichent une préférence pour l’islamisme chiite, aussi sanguinaire même s’il ne revendique pas de façon aussi monstrueusement spectaculaire ses exactions barbares. L’Iran, qui instrumentalise le chaos actuel pour asseoir son emprise sur le Moyen-Orient, reste la matrice du djihad global. République islamique chiite et Etat islamique sunnite sont les deux faces d’une même pièce !

Après plus de quatre ans d’une guerre civile d’une extrême violence, qui a déjà coûté la vie à près de 300 000 personnes, irrémédiablement appauvri le patrimoine mondial de l’humanité, mis des millions d’hommes et de femmes sur les routes de l’exil et qui menace l’existence même des communautés chrétiennes dans leur berceau historique, l’heure est venue de prendre nos responsabilités ! Face à ce drame humain qu’est cette migration de masse de populations menacées, les solutions de court terme ne peuvent suffire. Une stratégie globale et durable qui répond aux racines du problème s’impose. Nous devons gagner cette guerre, nous n’avons pas le choix, il en va de l’avenir de notre civilisation ! Une coalition crédible et, hélas, une intervention terrestre, en font partie.

Meyerhabib