Après la loi adoptée par la Pologne le 6 février criminalisant toute référence à de quelconques complicités polonaises dans la Shoah, réalité historique pourtant indéniable, le gouvernement fait de la surenchère en s’apprêtant à bannir la shehita, l’abattage rituel casher.

Dans le sillage de cette loi controversée, une vague d’attaques et insultes antisémites a déferlé sur les médias et l’Internet polonais, accusant notamment les Juifs d’avoir été, par leur passivité, complices de leur extermination…

Le phénomène a pris une ampleur telle que le Premier ministre Morawiecki a dû appeler hier la population au calme…

Par ces initiatives, les autorités polonaises démontrent non seulement leur mépris pour la mémoire juive européenne– quelque 3 millions de Juifs ont été exterminés en Pologne pendant la Guerre – mais aussi pour la vérité historique et l’État de droit.

En effet, en décembre 2014, la Cour constitutionnelle polonaise avait jugé que l’interdiction de la shehita n’était pas conforme à la loi fondamentale, qui proclame la liberté de religion. Elle avait alors annulé une loi du 1er janvier 2013 prohibant l’abattage des animaux sans les étourdir.

De plus, la directive européenne n° 93/119 du 22 décembre 1993 sur la protection des animaux autorise clairement l’abattage rituel, à condition qu’il intervienne dans un abattoir.

La Pologne serait-elle en train de renouer avec ses vieux démons antisémites ?