Le Premier ministre Edouard Philippe l’a annoncé ce matin : les actes antisémites ont augmenté de 69 % sur les 9 premiers mois de 2018.

Est-ce vraiment une surprise ? Non puisque je l’interrogeais précisément sur ce sujet la semaine dernière peut-être de manière prémonitoire. Il ne m’a du reste pas répondu et laissé le Ministre de l’Intérieur le faire à sa place.

Le gouvernement est-il préparé ? La volonté existe mais une véritable stratégie fait défaut aujourd’hui comme hier…

Incantations et lamentations n’y feront rien : refuser de nommer les choses, c’est se condamner à l’incurie.

Combattre l’antisémitisme dans la France de 2018, c’est d’abord identifier ses racines : négationnisme, islamisme et surtout cet antisionisme que nos gouvernants préfèrent ne pas voir.

C’est un fait : à aucun moment le Premier ministre ne mentionne la haine d’Israël.

Or, l’antisionisme est devenu un marqueur culturel puissant dans certains quartiers, les mêmes où le mot « juif » (ou « français » d’ailleurs) est devenu une insulte !

Il est nourri par certains médias et politiques, qui s’abritent derrière la rhétorique antisioniste pour exprimer leur détestation des Juifs.

Le 30 octobre, après la tuerie de Pittsburgh, je l’ai dit sans détour dans ma question au gouvernement : cet antisionisme, plus sournois, plus politiquement correct, n’épargne pas certains bancs l’Assemblée nationale.

A l’extrême-gauche évidemment et même parfois au sein de la majorité, comme en témoignent récemment les attaques très dures lancées par des députés LREM ou Modem contre Israël …

On a le droit de critiquer Israël comme n’importe quel pays mais on n’a pas le droit de travestir la réalité, falsifier des images, attiser la haine et les tensions.

Dans la France de 2018, refuser l’équation antisionisme = antisémitisme, c’est avoir perdu d’avance la bataille contre cette haine, qui n’est, en définitive, qu’une variante de la haine de la France.

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