J’ai assisté dimanche à l’émouvante cérémonie de commémoration des 75 ans de la Rafle du Vel d’Hiv’, pour la première fois en présence du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu, qui, n’en déplaise à l’extrême-gauche, y avait plus que quiconque toute sa place.

Le Président de la République a ouvert son discours par un amical « cher Bibi » et prononcé des paroles très fortes à la fois justes et personnelles.

Il a rendu un hommage vibrant aux victimes, particulièrement aux enfants, et, dans le sillage ouvert par Jacques Chirac il y a 22 ans, réaffirmé la responsabilité de la France.

Le Président a exprimé sans ambiguïté sa détermination à combattre l’antisionisme, « forme réinventée de l’antisémitisme ».

Il a aussi et surtout brisé l’insupportable mur d’indifférence qui entourait le meurtre de Sarah Halimi z’’l.

Dès le 6 avril, j’avais été le premier à dénoncer cet assassinat antisémite commis en plein Paris sur fond d’islamisme dans « les quartiers » après avoir recueilli le détail des faits auprès du frère de la victime, qui m’avait immédiatement contacté.

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Le discours de Benyamin Netanyahu, que nous avions revu ensemble le matin même, fût aussi un moment très fort.

Comme je lui ai suggéré, il a ouvert son allocution par quelques phrases en français, pour dire « merci au Président de la République, à la France et au peuple français » mais aussi en hommage aux 13 152 Juifs déportés le 16 juillet 1942, dont c’était la langue.

Il a rappelé surtout que l’Etat d’Israël était aujourd’hui le certificat d’assurance-vie du peuple juif et que c’était le même fondamentalisme islamique, chiite sous l’égide de l’Iran ou sunnite sous le drapeau noir de Daesh, qui menaçait Israël, la France et l’Europe.

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Dans la foulée, le Président de la République a reçu Benyamin Netanyahu à l’Élysée.

A l’issue de l’entretien, en conférence de presse, il a promis d' »éradiquer » le risque représenté par l’armement du Hezbollah et assuré que la France serait particulièrement vigilante sur le respect de l’accord nucléaire iranien.

Il a annoncé enfin une visite officielle en Israël dans les mois à venir.

Seule bémol quand, dans la droite ligne de la rhétorique du Quai d’Orsay, il a évoqué Jérusalem, « capitale de deux Etats », et repris à son compte cette obsession de la «colonisation».

Non, Monsieur le Président, Jérusalem est et restera la capitale éternelle et indivisible d’Israël et du peuple juif de même que jamais un Juif ne sera un colon dans son berceau historique de Judée-Samarie, à Hébron encore moins qu’ailleurs comme l’a très justement rappelé le Président du CRIF Francis Kalifat !

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Après la réunion à l’Élysée, je me suis longuement entretenu en tête à tête avec Benyamin Netanyahu. Le Premier ministre m’a notamment fait part de la qualité de ses échanges avec Emmanuel Macron et nous avons évoqué plusieurs sujets, notamment la prochaine visite en Israël du Ministre de l’Économie et des Finances Bruno Le Maire, que je lui avais présenté en septembre 2015.

Le bilan de cette visite est positif et marque, semble-t-il, une volonté forte de rapprochement diplomatique et stratégique entre la France et Israël. J’espère que les actes suivront les paroles, ce qui n’est pas fait à ce stade.