A Montpellier il y a deux semaines, à Paris le week-end dernier, étaient brandies dans des manifestations contre le projet de loi « sécurité globale » des banderoles « Non à l’israélisation de la France ». Le message est clair quoique plus politiquement correct : « Non à la judaïsation de la France » !
Pourtant, semaine après semaine, depuis des années, le BDS continue à sévir et à défigurer nos rues avec ses slogans de haine. Ceci en toute impunité.
Je rappelle que le génocide des Juifs d’Europe par les Nazis a commencé par des appels au boycott des « produits et commerces juifs ».
Les Allemands l’ont bien compris, eux ! Le 17 mai 2019, le Bundestag, le Parlement allemand, a adopté une motion qui condamne le BDS, le qualifiant d’« antisémite ». Quand je pense aux difficultés rencontrées il y a un an à l’Assemblée nationale pour ne serait-ce qu’examiner une proposition de résolution – non contraignante – visant à renforcer la lutte contre l’antisémitisme, je crains que la France soit encore loin d’associer appel au boycott et antisémitisme.
Je note toutefois une certaine mobilisation du Garde des Sceaux Eric Dupont-Moretti sur le sujet.
Le 20 octobre 2020, le Ministre de la Justice a ainsi adressé aux procureurs une circulaire de politique pénale consacrée « à la répression des appels discriminatoires au boycott des produits israéliens » visant à préserver la pénalisation à la française des appels au boycott.
J’ai interrogé Eric Dupont-Moretti sur le BDS jeudi dernier en commission d’enquête, il m’a fait une réponse d’une très grande clarté : « tout appel au boycott motivé par l’antisémitisme doit faire l’objet de poursuites ».
Les choses sont-elles en train de bouger? Je ne sais pas. Nous jugerons sur pièce. Sur des actes, pas des paroles.