Yizkor. En ce jour de souvenir je voudrais rendre hommage à Yohan Cohen, Philippe Braham, François-Michel Saada, Yoav Hattab, morts en héros, assassinés le 9 janvier 2015 parce que juifs. Bénie soit leur mémoire.

4 ans après, jour pour jour, je repense avec émotion à cette terrible journée. C’était un vendredi.

J’ai en mémoire ces images de Madame Cohen, mère de Yohan, torturée par un mauvais pressentiment et que je tentais de rassurer…

Je revois l’assaut héroïque du RAID et de la BRI.

Enfin, la stupeur, la douleur, la colère.

Puis vint le rapatriement des dépouilles, dans ce vol El Al, aux côtés des familles, vers leur dernière demeure, chez elles, à Jérusalem, capitale éternelle d’Israël et cœur spirituel du peuple juif.

A-t-on retenu la leçon ? Je crains que non.

La tuerie de l’Hypercasher nous renvoie à une réalité devenue indéniable dans la France d’aujourd’hui : la prolifération dans les « quartiers » d’un antisémitisme arabo-musulman sur fond d’islamisme et de détestation d’Israël.

Longtemps, officiels, intellectuels et médias ont préféré ne pas voir au nom du politiquement correct.

Aujourd’hui, ce politiquement correct tue. Je l’avais dit après Toulouse, je le maintiens aujourd’hui.

Comme à l’école Ozar HaTorah, le terroriste de l’Hypercasher a revendiqué son acte au nom de la « cause palestinienne ».

Je voudrais citer le Président de la République Emmanuel Macron lors de la Commémoration de la Rafle du Vél’ d’Hiv’ le 20 juillet 2017 en présence du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu :

« Et puis un jour, parce qu’on s’est tu, parce qu’on n’a pas voulu voir, le passage à l’acte intervient. Alors ce qui était des mots, ce qui n’était chez les uns que de la haine formulée différemment et chez les autres une forme de lâcheté ou une complaisance à ne pas vouloir voir, alors cela devient des vies fauchées et des gestes qui tuent. »

Il n’est pas pire aveugle que celui qui ne veut pas voir.

Pourtant, avec la complaisance de certains médias et certains politiques, on continue d’importer sur le territoire national le conflit israélo-palestinien.

Aujourd’hui, l’antisionisme est le nouveau visage de l’antisémitisme mais il continue de bénéficier d’une coupable indulgence de la part de l’Etat.

C’est un fait !

Pas une semaine ne se passe sans qu’une manifestation du BDS soit autorisée alors que l’appel au boycott est strictement interdit.

L’extrême-gauche, mais pas seulement, instrumentalise systématiquement le sentiment anti-israélien à des fins électoralistes.

Trop souvent, le Quai d’Orsay adopte des positions ouvertement hostiles à Israël et contraires à nos valeurs et nos intérêts comme le soutien à des résolutions UNESCO islamisant Jérusalem.

Dans certains médias, de véritables campagnes de haine sont orchestrées contre l’Etat d’Israël à échéance régulière, pourtant seule démocratie du Moyen-Orient dans un océan de barbarie…

Récemment encore, comment a-t-on pu, il y a un mois, remettre le « Prix des Droits de l’homme de la République française » à deux ONG qui appellent au boycott d’Israël : une israélienne, B’Tselem, l’autre palestinienne, El Hak, dirigée par un membre de l’organisation terroriste FPLP, responsable de multiples attentats barbares à caractère antisémites en Israël et dans le monde …

Dans ce climat délétère resurgit l’antisémitisme traditionnel, idéologique, sur fond de théories du complot et de préjugés anti-juifs. On l’a vu hélas avec certaines fractions des Gilets jaunes…

Le repentir et la politique mémorielle ne suffisent plus !
Une nouvelle approche s’impose.

Pour cela, il faut désigner le mal et le combattre avec les bonnes armes, notamment en punissant sévèrement les propos de haine sur Internet, terrain privilégié de la propagande antisioniste et antisémite.

Aujourd’hui, nous ne sommes pas prêts. Il est presque trop tard.