Comme beaucoup d’entre vous, je me suis réjoui de l’annonce mercredi de réouverture du Tombeau des Rois à Jérusalem après plus de dix ans de fermeture au public.

Joyau archéologique, le Tombeau des Rois est aussi et surtout un lieu saint du judaïsme. Y sont enterrés d’illustres personnages tels que la Reine Hélène d’Adiabène – Heleni Hamalka, mentionnée dans le Talmud, ou encore Kalba Savoua ou Nakdimon Ben Gourion.

Acquis en 1874 via le Consul de France de l’époque par Berthe Amelie Bertrand, née Levi, cousine des frères Pereire, le site fait aujourd’hui partie du domaine national français en plein cœur de Jérusalem, capitale d’Israël.

Il est administré par le Consulat général de France à Jérusalem, qui a récemment consacré un million d’euros pour restaurer le site et le mettre aux normes de sécurité.

Le rattachement de cet élément essentiel du patrimoine juif à Jérusalem au domaine national français fait l’objet de contestation. Depuis des années, Haïm Berkovitz, et son association HaMoreshet, luttent pour que la gestion du Tombeau des Rois soit confiée à la communauté juive, conformément au souhait de Berthe Amelie Bertrand. Une action en justice a été engagée par Maître Gilles-William Goldnadel pour le compte de l’association. L’affaire est en cours.

Pour revenir à la réouverture du site, contrairement à ce que beaucoup espéraient, le Consulat général a fixé des conditions très strictes pour y accéder.

A ce stade n’ont été prévu – semble-t-il – que deux créneaux de 45 minutes sur deux jours pour des groupes de quinze personnes moyennant un droit d’entrée de 10 NIS, et sous réserve d’une inscription préalable sur Internet.

Après plus de dix ans de fermeture, c’est trop restrictif. Des milliers de fidèles souhaitent s’y rendre. Par ailleurs, beaucoup de Juifs religieux n’utilisent pas Internet…

Dans ce contexte, je me suis longuement entretenu hier après-midi avec le Consul général Pierre Cochard, avec qui, par-delà nos divergences de fond sur la politique de la France à Jérusalem, j’entretiens de bons rapports.

En effet, 24 heures après l’annonce de sa réouverture, le Consulat général a décidé de fermer à nouveau le site, évoquant des « incidents […] à l’entrée du site », version contestée par certains témoins.

Le Consul général a promis de me communiquer une vidéo desdits incidents. À ce stade, je n’ai rien reçu.

Député français, je ne peux que regretter ce contentieux persistant qui crispe un peu plus les relations franco-israéliennes à Jérusalem et empêche les passionnés d’archéologie de visiter le site et les Juifs religieux d’y prier, conformément au principe de liberté du culte.

Imaginez un instant que la Nécropole royale de la basilique de Saint-Denis se trouve rattachée au domaine national israélien et fermée au public français! Ce serait absurde. C’est à peu près ce qu’il se passe avec le Tombeau des Rois.

Si je condamne toutes les violences, aucune paix ne pourra être basée sur un mensonge.

Aujourd’hui, j’appelle au calme et au dialogue.

Cependant, par-delà les enjeux de sécurité, je crains que la position de la France témoigne aussi du refus d’une partie du Quai d’Orsay de reconnaître l’identité juive de Jérusalem, et du Tombeau des Rois en particulier. J’ai souvent eu l’occasion de le dénoncer.