Je veux ici rappeler la chronologie des faits.
72 heures après le drame, je reçois à l’Assemblée Nationale un appel de William Attal, le frère de Sarah, que je ne connaissais pas, qui s’épanche pendant 1h30 et me raconte l’incroyable calvaire de sa sœur. Tout de suite, j’acquiers la conviction que ce crime est bien évidemment antisémite, alors même qu’au début, y compris au sein de la communauté juive, personne ne voulait y croire.
A l’époque, en pleine campagne présidentielle, cette affaire n’intéresse personne. Elle dérange.
J’ai alerté, j’ai sonné l’alarme, dans le vide, pendant des semaines. Jusqu’à l’élection de la nouvelle assemblée et la reprise des travaux parlementaires.
Il a fallu ma Question au Gouvernement posée devant la représentation nationale au nom du groupe UDI de juillet 2017 pour que cette affaire devienne un sujet public et pour obliger le Gouvernement et le Premier Ministre à sortir de leur silence, même très timidement comme vous le constaterez.
Je vous invite à visionner à nouveau ces images très parlantes et édifiantes. Cliquez pour revoir ces images !
J’interroge le Premier Ministre, il ne me répond pas lui-même.
Baissant les yeux, comme absent, Edouard Philippe ne charge ni le Garde des Sceaux, ni le Ministre de l’Intérieur, ni le porte-parole du Gouvernement, mais la Ministre déléguée auprès du Ministre de l’Intérieur Jacqueline Gourault (pour qui j’ai de l’estime) de me répondre au lieu de le faire, étant donné la gravité du sujet.
Vous le constaterez, elle passe totalement à côté. Penaude, elle ne semblait pas prendre la mesure de la gravité de ce crime.
A l’époque, en juillet 2017, je parle déjà du déni, de ce déni qui entourait ce meurtre, et qui, je l’espérais, allait se dissiper.
En vérité, nous sommes restés bien seuls pendant des années, avec la famille et une partie de la communauté, à hurler dans le désert.
Il n’y a pas eu de reconstitution. Pas d’investigation du téléphone de l’assassin. Tant de questions seront à jamais sans réponse, et finalement pas de procès.
Ce déni a continué.
Il est trop facile aujourd’hui de s’indigner, de s’émouvoir, alors que rien n’a été fait pendant des années.
L’horreur de ce crime aurait dû amener, dès les premiers jours, toute la communauté nationale, à faire front avec nous pour que justice soit rendue, pour qu’il y ait au minimum un procès.
Cela aurait été l’honneur de la France.
Il n’en fut rien, et nous en connaissons aujourd’hui le dramatique résultat.
C’est un véritable naufrage moral et judiciaire qu’a vécu notre pays.
La justice est indépendante, oui, mais faillible, et ô combien immorale parfois.